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Betty Onanga : La voix enchantée du gospel francophone

Manfred Essome

By Manfred Essome

27 Nov 2024 - 17:45

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Avec sa première chanson solo « Je n’ai que Jésus » La chanteuse gabonaise a livré de façon inattendue, un véritable hymne évangélique, dépassant largement les frontières. En quelques mois, cette voix de velours est devenue une révélation renversante.

L'artiste gabonaise de musique chrétienne Betty Onanga

« Je n’ai que Jésus », ce titre ne vous est pas familier soit. Mais en fréquentant les assemblées évangélistes et en sillonnant les réseaux sociaux, vous êtes sans doute tombé sur cette pépite phonographique. Elle est signée d’une voix authentique et sincère, résidente à Port-Gentil (Gabon), qui a d’ailleurs fait ses classes à la Hema Online Music Academy (HEMA), une école africaine axée sur les métiers liés à l’industrie artistique.

Une rythmique contagieuse

La chanson commence par 17 secondes d’une partition lumineuse, nichée entre les rifts de guitare, et les doigtés de Lionel Lodis, Dan Ibinga & Gwen Thomas aux arrangements. « Moi je n’ai que Jésus, si tu me l’enlèves, moi je n’aurai plus rien » telle est son entrée en piste par un refrain littéralement devenu culte, et repris par de nombreux artistes, parmi lesquels l’ivoirien KS Bloom.

Ce qui séduit dans ce titre composé en français et en anglais, c’est la simplicité des paroles, loin de la monotonie habituelle. Une sorte de mystère couvre encore ce succès immédiat et surprenant. Il faut dire que Betty n’a pas dévoilé de clip officiel, uniquement la piste audio le 13 Juillet 2024 sur les plateformes de streaming, et cela sans campagne promotionnelle : Littéralement un exploit dans un monde de plus en plus numérisé.

Le fil directeur du songwriting de la chanteuse demeure décidément une équation inconnue. Ne dit-on pas que les voies du Seigneur sont insondables ? Les genres presque antinomiques entre soul et negro-spirituals s’entrechoquent une fois encore pour former un patchwork musical des plus intéressants. Ouvrir les débats avec un monologue, donne déjà une vague idée de l’état d’esprit de ce projet phonographique.

La musique chrétienne dystopique et le mix & master rauque du coach vocal polyvalent Gwen Thomas renforce cette inclination pour les ambiances joyeuses. Le ton devient plus léger avec le groove et les boucles des chœurs assurées par Delycia Mayinou, Dan Ibinga et l’artiste elle-même. Le registre choisi est aussi une composante essentielle des harmonies de la chanteuse gabonaise, sans oublier les voix additionnelles vers la fin. Betty s’entoure effectivement de quelques invités pour accompagner ses mélodies bienveillantes, Evêque Michel Ambouroue, Orphelia Njoya entre autres.

Adepte des arpèges brillants, La chantre du groupe de louange Road, a concocté avec beaucoup de spontanéité et de naturel « Je n’ai que Jésus », œuvre à l’approche difficile mais à l’essence angéliquement enivrante. En 5 mois, la chanson cumule à plus d’un million d’écoutes pour cette version audio sur Youtube. Une performance inédite, qui l’a d’ailleurs propulsée en nomination auprès des prestigieux Shine Gospel Awards qui aura lieu en France, dans la catégorie single de l’année. Même si on a le sentiment d’inachevé pour ce titre, cela fait languir les melophiles qui voient en elle, un talent à suivre de très près dans le circuit de la musique chrétienne francophone en 2025.

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