La musique traditionnelle au Gabon
By In-House DRC
21 Avr 2017 - 10:37
Par Jean Pierre Moudjalou
La musique traditionnelle gabonaise continue d’occuper une place de choix dans la société gabonaise. Cette musique est composée des rites, danses, des instruments et ainsi que ses figures emblématiques.
Les rites et danses traditionnelles
Le Gabon qui compte environ 50 ethnies dispose d’un important folklore qui constitue le socle de sa musique traditionnelle. De plus, la musique traditionnelle gabonaise est liée à des aspects patrimoniaux et identitaires des différents peuples dont elles sont issues.
Elle permet de perpétuer les rites initiatiques (en fonction du sexe), les danses de réjouissances, les moments ludiques et festifs. Cependant, la musique, la danse et les chants traditionnels sont indissociables de la société gabonaise.
La plupart des chansons et des danses traditionnelles à caractère sacré ou social sont dorénavant exécutées pour le divertissement.
Les rites et danses les plus représentatives au Gabon sont les suivants :
Le Bwiti (rite initiatique et une danse), est essentiellement masculin et est répandu dans les neuf provinces du pays avec des variantes adaptées à l’ethnie dans laquelle, il est pratiqué. En outre, les femmes qui accompagnent les veillées initiatiques sont appelées maboundi ;
L’ikokou (chants et danses de réjouissance) de l’ethnie punu, a des variantes telles que le « ngwate », le « muteleku », la danse sur échasses « mukudji » et d’autres variantes (Les chants et danses de veillées funèbres ; les jeux chantés ; les chants monodiques);
L’ekounda est une danse Myènè que l’on interprète à plusieurs occasions (deuil, mariage et veillées) dans les villages et les villes de la province de l’Ogooué Maritime;
Lendjobi (rite initiatique masculin et danse festive), est pratiqué dans la région du Sud-Est par les ethnies Obamba, Téké et des sous-groupes de ces ethnies ;
Lemwiri (rite initiatique) se pratique chez les peuples du centre et du sud du Gabon ;
Lendjembé (rite et danse initiatique féminin), est présent dans quatre provinces (Moyen-Ogooué, l’Ogooué-Maritime, la Ngounié et la Nyanga).
Le melane, danse traditionnelle issue de l’ethnie Fang, donnait droit à un rite initiatique.
Le lingwala est une danse de réjouissance de l’ethnie Nzebi (mariage, circoncision, retrait de deuil) et mêle des danseurs des deux sexes.
L’elone (danse de jouissance), est une danse qu’affectionne la jeunesse du nord du Gabon;
Les chants polyphoniques des pygmées Bibayak accompagnent les activités quotidiennes et les évènements de ce peuple des forêts.
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Les instruments de musique traditionnelle
Dans la musique traditionnelle gabonaise, les instruments jouent un rôle fondamental accompagnant la danse ou le type de rituel exécuté. Ils garantissent une certaine originalité et une singularité en fonction du type de chanson traditionnelle. Au Gabon, on dénombre quatre catégories d’instruments de musique traditionnelle à savoir :
Les aérophones (calebasses et cornes d’animaux) ; les membranophones (tambours à friction et à peau) ; les idiophones (mouvements et gestes corporels, percussions, cloches, hochets, clappement des mains ou de la surface de l’eau) ; les xylophones (balafons, sanzas) et la voix (gloussements, chuintements, sifflements, jeux de gorge, sons à bouche fermée).
Par ailleurs, certains instruments sont le reflet emblématique de la chanson traditionnelle gabonaise ou des rites célébrés. Parmi, les instruments traditionnels les plus utilisés, nous avons : la cithare autrement appelée Harpe Ngombi, un instrument à cordes pincées de forme triangulaire. Il permet d’accompagner les initiés au rite bwiti lors de leur voyage astrale pendant l’initiation;
Le hochet de rituel Sokè dont l’usage est sacré. On l’utilise essentiellement dans les rites (le ndjembé ou l’élombo) des femmes du groupe ethnique myènè;
La double cloche et écope, instrument à rythme très présent dans les rites féminins (ndjembé et élombo) des ethnies myènè et gisir ;
La sanza est un instrument très répandu sur le continent africain, il varie en fonction de la région et est souvent utilisé lors des cérémonies de réjouissances ou dans la narration (contes traditionnels ou débats traditionnels) et il permet d’accompagner les musiques modernes pour y rajouter une touche d’originalité. Le tambour de bois à fente, à l’origine, il servait de communication à distance. Aujourd’hui, il accompagne les danses et chansons initiatiques ou de réjouissances chez les Fang ;
Le grelot ou gesandza est un instrument d’accompagnement qui permet d’obtenir une harmonie lors des cérémonies initiatiques du bwiti ;
L’arc en bouche ou mungongo est un instrument que l’on associe souvent à la cithare lors des cérémonies du bwiti ;
La harpe cithare « mvet », cet instrument est un particulier, exclusivité de l’ethnie Fang (Gabon, Cameroun, Congo-Brazzaville et Guinée équatoriale). La seconde particularité de cet instrument, est au niveau de sa maitrise que l’on acquiert qu’au cours d’une longue initiation de la part d’un maître du mvet ;
Le hochet en calebasse du Haut-Ogooué est un instrument composé d’une calebasse remplie de graines, on l’utilise particulièrement dans le rituel ndjobi et autres de la même région ;
Les tambours ou tamtam, ils en existent de plusieurs formes et ils varient en fonction de l’ethnie d’origine (rites initiatiques, cérémonies de réjouissance). Cet instrument est fondamental dans la musique traditionnelle gabonaise, puisqu’il accompagne presque tous les instruments de musique dans l’ensemble des rites et des danses du Gabon ;
Le Nkul, un instrument de musique, faisant partie de la famille des xylophones, est utilisé chez les Fang.
Par conséquent, la pratique de ces instruments est de plus en plus menacée par la diminution croissante des instrumentistes.
Les figures emblématiques de la musique traditionnelle
En parlant d’artistes de la musique traditionnelle, la figure de proie est sans doute l’artiste Vyckos Ekondo, interprète de « Lost voices », Vickos Ekondo a débuté sa carrière musicale en 1960 et en 1985, il a révolutionné la musique traditionnelle gabonaise en créant le Tandima (fusion des danses et des chants du terroir des neuf provinces du Gabon).
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Ils existent encore des artistes ou instrumentalistes qui ne jouent exclusivement que des musiques traditionnelles : Bello Ndougoula (ekounda), Tat Bouassa (ikokou), Pape Nziengui (bwiti, son instrument de prédilection est le mungongo), le groupe Mouyanga (lingwala), etc.
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De nos jours, la musique traditionnelle gabonaise est fortement teintée de modernité suite à une globalisation grandissante en entrainant par la même occasion la disparition des chanteurs et des instrumentistes traditionnelles.
Par conséquent, nous assistons désormais à l’avènement d’une musique traditionnelle métissée, dont les têtes d’affiches sont : Pierre Akendengué, Nicole Amogho, Annie-Flore Batchiellilys, Alexis Abessolo,Naneth Nkoghe, etc.
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