Interview – FrancoBeats 2025 : La deuxième édition d’un festival qui monte en puissance
By Lamine BA
12 Mar 2025 - 21:12
Quand une première édition trouve son public et suscite l’enthousiasme, l’envie de faire encore mieux devient une évidence. FrancoBeats revient cette année avec une énergie renouvelée, porté par la volonté de célébrer les musiques urbaines francophones sous toutes leurs formes. Pour cette deuxième édition, le festival met le cap sur le Sénégal, un pays qui a façonné l’histoire du rap francophone et dont l’influence continue de résonner bien au-delà du continent.
FrancoBeats est aussi un espace d’échange et de réflexion où artistes et professionnels débattent des défis du secteur, de la place des femmes ou encore de l’avenir des musiques urbaines francophones. Trois lieux, trois ambiances, une même mission : faire découvrir, vibrer et rassembler. Avec une programmation riche et des artistes de renom, cette édition promet son lot de surprises et de moments inoubliables.
Music In Africa a échangé avec Fabrice Jules, promoteur du festival, qui revient sur les enjeux et ambitions de cette nouvelle édition.
Bonjour Jules, FrancoBeats fête sa deuxième édition cette année. Après le succès de la première, avec quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle édition ?
Bonjour Lamine, merci de nous recevoir ! Nous abordons cette deuxième édition qui met en lumière la richesse et la diversité des musiques urbaines francophones avec une immense joie et beaucoup d’enthousiasme
Cette année, le Sénégal est à l’honneur. Pourquoi ce choix ?
Le choix du Sénégal comme pays à l’honneur pour cette deuxième édition de FrancoBeats s’est imposé comme une évidence, car le Sénégal a joué un rôle pionnier dans le développement du rap au sein de l’espace francophone. Bien avant que ce genre musical ne connaisse une popularité croissante dans d’autres régions, les artistes sénégalais se sont approprié le rap et lui a insufflé une dimension sociale et culturelle unique. À travers cette démarche, nous souhaitons rendre hommage à ce pays pour sa contribution précieuse et fondamentale à l’essor de ce courant musical, aujourd’hui omniprésent dans les charts du monde entier.
Vous avez réuni plusieurs figures emblématiques du rap sénégalais, comme Didier Awadi, Matador et Samba Peuzzi. Comment avez-vous construit cette programmation et que représente-t-elle pour le festival ?
Il y a aussi Nabashu, une rappeuse exceptionnelle avec un flow incroyable. Cette programmation est le fruit d’une collaboration entre le Francobeats festival et trois label sénégalais qui ont joué le jeu et n’ont pas hésité à soutenir notre vision. Il s’agit du mythique studio Sankara, d’optimiste productions et de premier pas que je remercie au passage. assez.
FrancoBeats propose aussi des rencontres et des discussions. Pourquoi est-ce important pour vous d’inclure cet aspect dans l’événement ?
Nous sommes très sensibles aux questions d’accessibilité et de démocratisation culturelle. Avec ces activités nous offrons à des publics souvent éloignés l’opportunité de s’immerger dans les musiques urbaines francophones et t’interagir avec les artistes
Une des thématiques abordées cette année est la place des femmes dans les musiques urbaines. Pouvez-vous nous en dire plus sur les débats et les artistes impliqués dans cette réflexion ?
Cette rencontre-débat a pour objectif de donner la parole aux femmes dans un univers historiquement dominé par les hommes. Nabashu et Claire Roignant, deux artistes engagées évoluant dans des contextes différents, partageront leurs expériences et analyseront les défis auxquels elles sont confrontées. Elles auront l’occasion de décrypter les réalités qu’elles vivent au sein de ce milieu, tout en mettant en lumière les progrès réalisés et leurs aspirations pour l’avenir.
Le festival investit trois lieux différents : La Case, le Trianon Transatlantique et le Palais des Congrès de Oissel. Comment avez-vous pensé cette répartition et l’identité de chaque espace ?
Pour offrir une expérience unique aux spectateurs, chaque lieu a été choisi avec soin. La Case, avec son atmosphère intime et conviviale, permet une proximité rare avec les artistes, favorisant les échanges et les performances chaleureuses. Le Trianon Transatlantique, salle de concert par excellence, est parfait pour les concerts explosifs et les spectacles visuellement spectaculaires. Enfin, le Palais des Congrès de Oissel, espace modulable, idéal pour clôturer le festival dans un ambiance festive.
Organiser un festival comme FrancoBeats en France, avec des artistes venant de plusieurs pays, doit représenter un défi. Quels sont les principaux obstacles que vous avez dû surmonter ?
Francobeats est un festival émergent, et à ce titre, nous faisons face à des défis importants, notamment en termes de financement et de développement. L’un de nos principaux objectifs est de renforcer notre budget pour garantir la pérennité du festival et lui permettre de se développer dans des conditions optimales. La médiation et la communication constituent également des enjeux clés, afin d’élargir notre public et de toucher une audience toujours plus large à chaque nouvelle édition.
Quels sont, selon vous, les enjeux actuels pour les musiques urbaines francophones en matière de diffusion et de reconnaissance ?
Les musiques urbaines francophones font face à plusieurs défis, notamment en termes de visibilité. Bien qu’elles gagnent en popularité grâce aux plateformes de streaming, leur diffusion reste limitée dans les médias traditionnels tels que la radio et la télévision. De plus, les artistes francophones peinent à se faire une place face à la domination des productions anglo-saxonnes sur les charts et les playlists internationales, freinant ainsi leur reconnaissance mondiale.
Enfin, le manque de soutien institutionnel et de réseaux solides rend difficile la structuration du secteur ce qui contraint de nombreux artistes confrontés à travailler dans des conditions précaires.
Si vous deviez imaginer FrancoBeats dans cinq ans, à quoi ressemblerait-il ? Quelles sont vos ambitions pour le futur du festival ?
J’espère que Francobeats aura réussi à élargir son public et accroître son rayonnement. Nous souhaitons à cette échéance, avoir créé des passerelles pour accueillir les artistes urbains francophones en Normandie, tout en offrant aux talents locaux l’opportunité de se faire connaître au-delà des frontières normandes.
Enfin, pour ceux qui hésitent encore à venir, qu’est-ce que vous leur diriez pour les convaincre de ne pas manquer cette édition 2025 ?
Que vous soyez un mélomane averti ou à la recherche d’une expérience culturelle, le Francobeats représente une opportunité unique. Une occasion à ne pas manquer pour découvrir des artistes exceptionnels que vous ne verrez certainement pas ailleurs.
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