Licelv : « Les hommes ont déjà beaucoup fait, il faut laisser les femmes essayer »
By Jean de Dieu BOUKANGA
03 Août 2018 - 13:58
48 heures après sa belle performance au Festival Afropolitain à Dakar (Sénégal), nous avons rencontré Licelv Mauwa. À cœur ouvert, la jeune artiste a parlé de son parcours, de sa musique et de ses projets.
Bonjour Licelv, pourrais-tu nous parler un peu de toi ?
Oui bonjour, Je suis Licevl, jeune artiste de la République Démocratique du Congo. Je suis auteure, compositrice et interprète et j’évolue dans l’univers du folk rock, que je nomme dans mon propre jargon, le groove tropical.
J’ai démarré ma carrière d’artiste il y a 3 ans seulement, mais ma passion pour la musique remonte à mon enfance, à une période où je chantais dans de petites chorales d’église.
Je tiens mon amour du chant de ma grand-mère, ancienne chantre d’église protestante.
En 3 ans, j’ai sorti 2 singles, dont un pour marquer mon entrée dans le milieu musical et un second, pour appeler à la paix dans mon pays, souvent secoué par des guerres.
Ton passage sur la scène du Festival Afropolitain cette semaine a été très apprécié. Comment as-tu été programmée dans ce spectacle ?
Tout est parti d’une rencontre avec Fredy Massamba à Kinshasa (RDC) en marge du festival Jazzkif ; c’est lui qui m’a introduite à Vanessa Kanga, promotrice d’Afropolitain. C’est à Pointe-Noire, lors de la 4e édition d’Afropolitain, que Vanessa et moi nous sommes rencontrées. Elle avait alors été séduite par une performance que j’ai réalisé à l’improviste et elle m’a dans un premier temps convié à la 5e édition en tant que festivalière.
Mais au Marché des Arts du Spectacle Africain (MASA) où j’étais en mars dernier, Vanessa m’a rencontrée de nouveau et c’est à cette occasion qu’elle a finalement eu l’idée de m’inviter en tant qu’artiste à la 5e édition de son festival à Dakar.
Ta complicité avec tes instrumentistes a séduit le public de l’Afropolitain. Qui sont-ils ?
Ce sont de jeunes gens passionnés de musique et nous nous sommes croisés par hasard. Une complicité naturelle est née et nous avons décidé de bâtir un projet commun dans lequel nous croyons tous.
Ils sentent la musique comme moi et nous nous retrouvons tous dans le même univers. C’est un bonheur de travailler avec eux, ils m’accompagnent partout où je vais.
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Si tu nous parlais un peu de ta participation au Marché des Arts du Spectacle Africain (MASA) ?
J’ai soumis ma candidature et même si je n’ai pas été retenue dans la programmation officielle du salon, j’ai été prise dans le programme Escale Bantoo, initié par l’association Scène d’Ébène du Cameroun.
Je retiens du MASA une bonne ambiance, de belles rencontres et des échanges intéressants.
Le MASA est un grand rendez-vous de professionnels du spectacle en Afrique. Je dois ma récente participation à mon manager, Celpa, qui ne ménage aucun effort pour me créer de belles opportunités à chaque fois.
Ton genre musical est-il apprécié en RDC ?
En RDC, la rumba et le ndombolo sont les styles favoris du public. Le folk rock que j’ai adopté n’est pas très écouté. Pour m’assurer une certaine visibilité, j’ajoute des accents rumba à ma musique, afin qu’elle puisse susciter l’intérêt du public.
Mais pour moi, c’est un réel plaisir de sortir de l’ordinaire et de proposer autre chose. La quête d’originalité est le noeud de ma démarche artistique.
J’essaie de faire découvrir au public un univers qu’il connaît peu. C’est vrai que cela ne m’assure pas une grande visibilité, mais je me plais dans ce que je fais. Aussi, mon équipe multiplie les stratégies pour m’aider à me faire connaître, je m’en réjouis.
Les femmes sont entrain de prendre les rênes de nos sociétés et le secteur musical n’échappe pas à cette révolution. Quelle analyse fais-tu de cette situation ?
La femme a sa place dans la société, elle est capable de transformer le monde si une chance lui est accordée.
Quand on voit Kolinda Grabar-Kitarov à la tête de la Croatie et bien d’autres dames occuper des postes de haute responsabilité et les tenir avec brio, je suis encore plus convaincue du potentiel des femmes.
D’ailleurs mon album Métamorphoso, qui devrait paraître en octobre prochain, vient marquer la rupture avec les vieilles intuitions erronées de la société phallocratique. Les hommes ont déjà beaucoup fait, il faut laisser les femmes essayer !
Music In Africa Foundation fête ses 5 ans cette année, que sais-tu de cette organisation ?
Je sais que Music In Africa tient une plateforme web que je considère comme un outil efficient pour la promotion des artistes du continent africain.
Je sais aussi que Music In Africa réalise de nombreuses actions pour le secteur musical en Afrique. D’ailleurs, mon manager a été formé dans un workshop organisé à Kinshasa par la fondation.
Music In Africa propose aussi une conférence musicale, ACCES, dont la prochaine édition devrait se tenir à Nairobi (Kenya). J’ai d’ailleurs soumis ma candidature pour y participer…
Licelv, un mot pour finir ?
Merci à Music In Africa pour l’accueil très chaleureux, merci à Dakar, ville d’art et de culture, pour son hospitalité !
Propos reccueillis par Lamine BA et Jean de Dieu Boukanga
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