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Chronique de 3 chansons militantes

editor.wa

By editor.wa

14 Mar 2019 - 13:46

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La Journée Internationale de la Femme rime aussi avec sortie de nouveaux singles et clips engagés. Cette année encore, certaines stars de la scène locale n'ont pas dérogé à cette règle. Autopsie de trois chansons militantes.

La chanteuse Coumba Gawlo Seck (Photo) : xibaaru.sn

« Deeko Nexal »

Publié le 5 mars, le dernier clip de la chanteuse Coumba Gawlo Seck, dans un Mbalakh sobre, aborde la relation entre époux.

« Deeko Nexal », que l'on pourrait traduire par « il faut la choyer », s'adresse aux maris. Le message est classique, l'homme doit protection et amour à la femme.

Ce discours revêt une importance cruciale, si l'on sait qu'une étude portant sur les agressions basées sur le genre, fait état de 60 % de taux de prévalence des violences à l’égard des femmes dans les ménages sénégalais.

« Si la non-violence est la loi de l'humanité, l'avenir appartient aux femmes. Qui peut faire appel au cœur des hommes avec plus d'efficacité que la femme ? » a dit un jour Gandhi.

L'auteure de « Femme objet », une autre chanson militante, fait sienne la citation du célèbre dirigeant et guide spirituel Indien en prêchant l'apaisement et le dialogue des genres.

Notons pour finir que Coumba Gawlo Seck a organisé, mercredi 7 mars, une soirée de gala à Dakar, pour célébrer la femme africaine. Une nuit animée par huit chanteuses dont Rocky Gold de la Côte-d'Ivoire, Babani Koné du Mali, Fati Mariko du Niger, Nourat Gold du Burkina Faso, Mounira Mitchala du Tchad et Mouna Mint Dendeni de la Mauritanie.

Artiste : Coumba Gawlo Seck
Titre : « Deeko Nexal »
Label / Année : Sabar Productions / 2018

[video:https://www.youtube.com/watch?v=M8FiL5zvafY width:853 height:480 align:center autoplay:0]

« Yeureum Djiguene »

L'autre star de la musique sénégalaise, Viviane Chidid, ne dit pas autre chose avec sa chanson publiée le 20 février 2018.

En effet, « Yeureum Djiguene » (Traite la avec égard), va dans le même sens que « Deeko Nexal » (Il faut la choyer).

Viviane cependant dénonce directement les sévices domestiques, en mettant en scène un couple aux prises avec les démons de la violence, alors que Coumba Gawlo, elle, joue la carte de la prévention.

Toutes les deux n'ont pas tort, car les femmes sont les premières à subir les conséquences des violences conjugales, raison pour laquelle, il faut, en plus d'essayer d'instaurer un dialogue, dénoncer toutes formes de violences qu'elles subissent, souvent, en silence.

D'après le professeur Hassan Bâ, médecin légiste Guinéen qui s'exprimait dans le cadre de la 7e conférence d' « African society of forensic medecine », une association des spécialistes en médecine légale, les violences faites aux femmes restent le plus souvent impunies. D'où la nécessité d'inciter à la libération de la parole, Viviane, avec son titre, joue parfaitement ce rôle.

Après « Mariage Forcé », ce nouveau clip confirme la fibre militante qui anime désormais les chanteuses. Avec leur musique, elles entendent bien participer à l'émancipation des femmes et faire avancer la cause féminine.

Ce 10 mars, la chanteuse est à l'affiche au Zénith, à Paris (France) pour célébrer cette journée internationale des femmes en grandes pompes.

Artiste : Viviane Chidid
Titre : « Yeureum Djiguene »
Label / Année : Sénarts Vision / 2018

[video:https://www.youtube.com/watch?v=IEUjtBjQ4M4 width:853 height:480 align:center autoplay:0]

« Sabari »

« Sabari » de Queen Biz, publié le 7 mars, semble être une suite des deux titres précédents.

En effet, si dans un ménage la femme n'est pas choyée « Deeko Nexal » et si de surcroit elle est maltraitée sans humanité « Yeureum Djiguene », une séparation est vite arrivée.

C'est justement le propos de « Sabari » qui relate l'histoire douloureuse d'une femme abandonnée par son mari. En 2015, rien que dans la capitale sénégalaise, plus de 1775 ruptures ont été enregistrés.

Même si on admet volontiers, qu'un divorce vaut mieux qu'un couple qui s'acharne à se détruire, il n'en reste pas moins que les femmes et les enfants sont les premières victimes de ce taux d’instabilité très élevé des mariages.

Grâce à cette complainte chantonnée dans un style tradi-moderne, la ressortissante de Kédougou (sud du Sénégal) attitre l'attention sur un fait trop souvent occulté par la société.

Ces trois chansons et le moment choisi pour les dévoiler ont également le mérite de nous rappeler que le 8 mars, n'est pas à proprement parler la journée pour fêter ces dames mais bien la journée internationale consacrée à leurs droits. La nuance est importante.

Artiste : Queen Bizz
Titre : « Sabari »
Label / Année : Korka Vision / 2018

[video:https://www.youtube.com/watch?v=XBtJddSR-4g width:853 height:480 align:center autoplay:0]

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