Woz Kaly : J’aime ma mère d’un amour infini. C’est ce qui me pousse à défendre les femmes et être leur porte-parole. Il est important à mon avis de dénoncer les injustices subies par les personnes fragiles. C’est le cas de la femme et de l’enfant : deux trésors de la vie.
Music In Africa : Dans vos chansons, vous parlez beaucoup de la terre, du terroir. Vos clips- vidéo sont souvent tournés à la campagne ou au village. pourtant vous êtes un enfant de la ville. Comment expliquez-vous ce besoin de parler du terroir ?
Woz Kaly : C’est vrai que je suis un enfant de la ville. Un vrai dakarois, mais je viens aussi d’une famille qui aime la terre. Dans ma jeunesse j’allais souvent au village de ma mère à Ross Bèthio (Nord du Sénégal). Là-bas, j’etais souvent dans les champs de riz avec mon grand père et mes oncles. Mon grand-père m’a transmis l’amour de la terre et de la campagne. Il me disait souvent : « ta force est dans la terre de tes ancêtres », il n’avait pas tort. Je ne le remercierai jamais assez de m’avoir initié et fait aimer la nature et la ruralité.
Music In Africa : Vous avez joué avec Jean-Pierre Como du groupe Sixun,
Étienne Mbappé ,
Mokhtar Samba d’où t’es-venue ton attirance pour le jazz, la fusion – D’abord te considères-tu comme un chanteur jazz ?
Woz Kaly : Non je me considère pas comme un chanteur de jazz. Je suis tout simplement un chanteur africain qui adore échanger avec d’autres musiciens. En fait, je ne me donne pas de limites en matière d’echange et de création. Je travaille avec des musiciens de tous les styles et de tous les horizons…
Music In Africa : Justement parlez-nous de cette expérience formidable avec l’orchestre philharmonique WDR Band et Mokhtar Samba ?
Woz Kaly : Ce fut un moment important et inoubliable pour moi. C’est une partie de mes rêves que j’ai réalisé en chantant avec ce Big band. Mille merci encore à Mr Mokhtar Samba qui m’a permis de réaliser ce rêve.
Woz Kaly : C’est un autre niveau musical. Un niveau qui est très exigeant. Il a fallu beaucoup de rigueur et beaucoup de travail. En même temps, c’était facile parceque ce sont ces moments qui nous vont aimer notre métier. En tout cas, ce fut une expérience riche où on apprend beaucoup de choses.
Woz Kaly : … J’adore les improvisations. Ce coté libre qu’on peut avoir dés fois m’attire énormément. Être dans un cadre, en sortir pour revenir, est pour moi impératif.
Woz Kaly : Je suis très content de participer à l’album de Cheikh N’Doye qui est un musicien excellent. J’aime beaucoup son univers musical. Son album va être très beau.
Music In Africa : Sur combien de titres tu participes ?
Woz Kaly : J’ai participé sur deux titres.
Music In Africa : Venons-en à votre carrière propre, un album est-il en préparation ?
Woz Kaly : Oui je suis en train d’écrire mon album. J’en suis aux compositions, à l’ecoute et à la recherche d’un nouveau son. Incha’Allah ce sera une bonne surprise. Je ne suis pas pressé et me donne du temps pour bien le travailler. Rendez-vous au plus tard en 2018.
Music In Africa : En concert au Centre Culturel Français de Dakar avec le Missal, vous aviez chanté un titre dans lequel vous disiez en substance que le Sénégal n’appartenez pas à la famille Wade faisant explicitement allusion au Président Abdoulaye Wade accusé à l’époque de vouloir céder le pouvoir à son fils. La situation politique en Afrique vous préoccupe toujours autant ?
Woz Kaly : Comme j’ai l’habitude de le dire je suis sénégalais et à ce titre je suis fièr de venir d’un pays libre et démocratique. C’est une grande chance. Sauf qu’ il faut être vigilant pour préserver cette démocratie et cette liberté parcequ’elles sont fragiles. Oui, il faut être vigilant et alerte pour préserver notre pays et l’Afrique des dérives de certains dirigeants politiques.
Music In Africa : Votre génération est celle de l’année blanche au Sénégal ( en1988 l’année scolaire est invalidée à cause d’une succession de greves des lycéens) , celle qui voulait changer le monde. aujourd’hui c’est elle qui est en politique, qui dirige les entreprises ect ? a-t-elle réalisé ses rêves ?
Woz Kaly : Nous étions une génération qui voulait changer le monde mais désarmer pour affronter ce nouveau monde qui se dessinait. Cette génération, elle a fait ce qu’elle pouvait faire ,elle a posé et continue de poser sa pierre dans ce grand mur de l’évolution humaine à d’autres de poser la leur…
Music In Africa : On dit l’Afrique continent de l’avenir. Vous- y-croyez ?
Woz Kaly : Plus que jamais. L’Afrique est en marche. Presque tout y est à faire et à construire. La population est jeune et elle est de mieux en mieux formée. Toute notre attention doit -être tournée vers la formation de cette jeunesse. Les ressources naturelles en abondance pour nourrir le monde, des ressources humaines mieux formées, l’avenir est là.
Music In Africa : Quelle partition doit jouer la culture et la musique ? juste Éveiller les consciences ou aller jusqu’à s’engager en politique comme
Youssou N’Dour ?
Woz Kaly : Éveiller les consciences va bien à l’artiste. Évidemment celà peut aller jusqu’à l’engagement politique comme Youssou N’Dour et je salue son initiative. Peu importe la station où vous vous trouvez et ce que vous faites, l’essentiel c’est d’être utile à son pays et à l’Afrique. Le continent a besoin de tous les bras de ses enfants.
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