La musique sénégalaise dans la cage dorée de l’écrit
By Inhouse team
20 Fév 2015 - 13:36
Les Editions «Vives Voix» que dirige Ghaël Samb Sall signent le premier livre consacré entièrement à l’évolution de la musique sénégalaise, à son parcours et aux différents courants qui jalonnent sa route. Le livre «Musique sénégalaise» est écrit par Papis Samba.
Périlleuse aventure que de retracer l’histoire de la musique sénégalaise du moins dans sa forme chronologique parce que difficile est la datation de l’émergence d’un courant musical. Pour éviter les remises en cause que pose tout travail à caractère historique, toute chausse trappe de la datation, «Vives voix», éditeur du livre «Musique sénégalaise» de Papis Samba, prévient le lecteur : «Ce n’est pas un livre d’Histoire, mais un livre d’histoires. Qui se raconte avec ses mots et sa voix» Au centre de ces voix multiples les noms du défunt Oumar Ndao qui en a eu l’idée et Papis Samba qui « À partir d’investigations passionnées, livre un texte incomparable sur le sujet» La liste des références et les photos d’archives en témoignent.
Beau livre en effet que «Musique sénégalaise». Ce qui donne raison à Felwin Sarr de la librairie Athéna qui dans une récente interview affirme que tout livre a une texture que «C’est un objet… Il y a un titre qui nous titille, nous indique des sentiers et nous pousse à l’ouvrir pour grappiller quelques mots, çà et là et décider ou non de faire le voyage avec»
Le voyage dans l’univers de «Musique sénégalaise», pas au pluriel mais au singulier, commence avec la préface de Doudou Ndiaye Rose dont la musicalité du témoignage pousse le lecteur à se caller dans un fauteuil et boire jusqu’à la lie le contenu des textes. Doudou Ndiaye rose rappelle que dans les années 30: « L’univers musical à l’époque était traditionnel. Joueurs de Xalam et paroliers édifiaient de leurs chants pétris de sagesses et de vertus éducatives. Leurs représentations publiques s’inscrivaient dans des moments précis de la vie sociale: la musique participait de rites et de cérémonies»
Mais bientôt de jeunes sénégalais sous l’influence des musiques modernes le jazz par exemple prennent possession des instruments de musique occidentaux qui répondaient plus aux attentes de la jeunesse des années 40-50. Les pionniers en sont la Lyre Africaine avec les Bira Gueye, Lamine Ndiaye puis l’orchestre «les déménageurs»
En ce temps-là se souvient encore Doudou Ndiaye Rose, il n’existait pas de boite de nuit à Dakar «… on allait les entendre dans le sous-sol du marché Sandaga où ils tenaient leurs répétitions. Les représentations de la Lyre Africaine, plutôt rares, étaient très courues. Nous étions dans l’Empire français et souvent, le 14 Juillet, était offert à la jeunesse un concert de ce groupe» L’arrivée du gramophone et le disque Vinyle emballa la jeunesse et la propulsa dans l’univers d’autres sonorités. Les musiques européennes, américaines, cubaines et la rumba congolaise avaient pignon sur rue. Ce qui poussa les orchestres sénégalais des années 50 de les intégrer dans leur répertoire au point de mettre au placard les rythmes et sonorités du terroir.
Le jazz laissa la place à la musique afro-cubaine avec les précurseurs que sont Fonséca et les Anges noirs, Raymond Fernandez, Laba Sosseh. La pop music, la soul music, le rythm and blues rangèrent la musique cubaine au placard des vieilles choses. Chassez le naturel il revient au galop comme dit le dicton. Les orchestres de Saint louis et de Thiès sonnèrent le retour des sonorités du terroir avec la fusion des instruments modernes et traditionnels et le recours aux langues nationales dans les chansons. Les traditionalistes dès lors retrouvèrent une seconde jeunesse. Aujourd‘hui avec les rappeurs, la musique se tourne davantage vers l’engagement citoyen.
Le livre «Musique sénégalaise» se termine avec un clin d’oeil saluant le travail effectué par le regretté Mamadou Konté, initiateur d’Africa Fête qui soutenait «Les musiciens africains participent à plus de 25% dans l’économie discographique française…»
Baba Diop (Sud Quotiden)
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