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Nuits d’Afrique 2023 : Chipo Nyambiya parle de sa performance et son parcours

Inhouse team

By Inhouse team

01 Août 2023 - 12:05

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Par Mouaad El Yaakabi

C’est certainement l'une des révélations de la 37e édition du festival international des Nuits d’Afrique ! Chipo Nyambiya, programmée dans le cadre de la série Femmes du monde, a empli la scène par son énergie et séduit le public montréalais, tellement envoûté qu’il n’a pas hésité à la suivre sur ses pas de danse.

(Photo) : la chanteuse zimbabwéenne Chipo Nyambiya. M.Belmellart Photography.

Il faut dire que la jeune artiste ne ménage pas son effort quand il faut faire l’étalage de ses talents : musicienne, chanteuse et danseuse.

Chipo Nyambiya souhaite incarner son pays, le Zimbabwe, et le fait, une note de kalimba à la fois. On aurait d’ailleurs aimé entendre plus de l’instrument emblématique de ce pays du sud de l’Afrique, dans un set globalement bien tenu, qui a laissé entrevoir le potentiel de la jeune artiste.

Nous l’avons rencontrée au lendemain de sa prestation pour parler de sa musique et de ses ambitions.

Hier soir, tu jouais pour la première fois sur la scène des Nuits d’Afrique, comment as-tu été repérée ?

J’ai joué plusieurs fois au Balattou (Lamine Touré, le fondateur du festival, est également celui de cette salle de concert mythique de Montréal.) pour les soirées africaines. D’abord j’ai commencé comme choriste pour des artistes quand je suis arrivée en 2019 au Canada, ça m’a permis de prendre le temps de connaître le milieu musical ici, de me créer des contacts. Puis au fur et à mesure, j’ai pris les devants de la scène.

Ils ont aimé ce que je faisais et m’ont beaucoup soutenue. Tous les mois, j’étais invitée à jouer au club.

Depuis, j’ai joué dans d’autres endroits et festivals, notamment à Afrofest à Toronto où j’étais l’une des têtes d’affiche.

Tu amènes beaucoup d’énergie sur scène, tu danses et joues avec le public. Comment décrirais-tu ta musique ?

Ma musique a vocation à véhiculer des paroles puissantes, « empowering ». Je ne veux pas me restreindre à un seul genre, j’incorpore de la danse aussi, tout en gardant une énergie émouvante à travers mes textes et les thématiques que j’aborde.

Je parle des problématiques auxquelles nous devons faire face en tant que femmes africaines.

Et cela a une résonance avec mon histoire personnelle. Quand je regarde en arrière, rien ne me destinait à être là où je suis. C’est parce que j’ai cru en moi dès le premier jour, je me suis dite que je pourrais le faire et que personne ne peut m’arrêter. C’est en ayant cette philosophie que je suis ici, tout en étant lucide sur le fait que j’ai encore du chemin à faire, mais je veux donner du courage aux jeunes femmes qui écoutent ma musique. Si je peux toucher une ou deux personnes, alors j’aurai réussi.

 Il y a aussi une grande volonté de représenter ton pays, le Zimbabwe. Tu le fais à travers ton texte, mais aussi en jouant du kalimba (NDLR: Le kalimba est une version moderne et plus petite de la mbira, qui remonte à plus de 1 000 ans au Zimbabwe).  Est-ce que tu n’es pas en train de créer un genre à part entière ?

J’aime tellement mon pays et sa culture. J’aime jouer du kalimba, je l’ai amené avec moi du Zimbabwe et j’en joue avec joie et tellement d’honneur. C’est un instrument qui a une sonorité très particulière, qui parle à l’âme.

Les gens de ma génération l’ont délaissé, parce que nous avons été colonisés et certains ont oublié qui on est. Donc, pour moi, c’est important de continuer de jouer de cet instrument pour qu’il ne soit pas oublié, parce qu’aujourd’hui, on est plus attirés par l’afrobeat, l’amapiano ou le hip hop.

Ce que j’aime faire, c’est justement utiliser le mbira et le mixer avec des sons actuels, comme ça les gens de mon âge peuvent s’y intéresser et le valoriser. Et dans le même temps, les anciens prennent plaisir à entendre ce son si particulier qui les ramène à des souvenirs d’enfance. La plupart de mes chansons sont en shona aussi, c’est ma langue natale et j’y tiens.

Donc oui, je suis dans un moment de réflexion et de création. Il n’y a pas encore de style de musique comme le mien, c’est-à-dire contemporain tout en impliquant le kalimba. C’est un instrument spirituel qui est beaucoup utilisé dans les cérémonies et qui a besoin d’une oreille connaisseuse. Mais il peut également résonner chez tout le monde. Dans l’EP que je prépare, je lui fais la part belle…

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