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La politique culturelle du Sénégal

Thomas Ayissi

By Thomas Ayissi

19 Jan 2018 - 16:53

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« Le principal problème au Sénégal lorsqu’on parle de la politique culturelle c’est qu’on est tenté de tout résumer à la musique. » Cette phrase, le ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly, la sort souvent pour faire de la pédagogie et expliquer que les 23 milliards de Francs CFA (35 millions d’Euros) constituant le budget du département ministériel qu’il gère doivent couvrir un champ plus vaste que ce que le commun des mortels comprend lorsque le mot « culture » est prononcé.

Musique et danse au Sénégal (Photo) : ocoeurdepassy.com

La politique culturelle du Sénégal est un des axes du Plan Sénégal Émergent (PSE), le programme que met en œuvre le Chef de l’État, Macky Sall.

Selon le ministre de tutelle, la notion de culture est liée à la construction qu’on se fait du développement humain. Quant à la politique culturelle, elle est : « l’ensemble des programmes définis par les pouvoirs politiques, des projets sur la base d’une vision. »

Santé et statut des artistes

Ce début d’année 2018 au Sénégal a été marqué par les financements attribués à la mutuelle de santé des acteurs culturels. Après avoir gagné le Praemium Imperiale au Japon, l’artiste et ministre conseiller Youssou NDour a offert l’intégralité du chèque de 75 millions de Francs CFA (114 500 Euros) reçu à cette mutuelle qui permettra une meilleure prise en charge sanitaire des artistes malades.

Lors de son lancement en mars 2016 au grand théâtre de Dakar, la mutuelle de santé des acteurs culturels avait 17 500 artistes adhérents. (1)

L’autre chantier qui reste d’actualité est le statut de l’artiste qui est « un travailleur comme les autres devant bénéficier d’une pension retraite » selon le ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly. Le processus devant aboutir à la promulgation et l’application de ce statut est en cours.

Droits d’auteurs et droits voisins

Des avancées sont notées dans le secteur des droits d’auteur afin de permettre aux auteurs, compositeurs, interprètes et instrumentistes de vivre de leur art. La disparition du BSDA, la création de la SODAV et la prise en compte des droits voisins sont des réalisations concrètes de l’exécutif au pouvoir depuis 2012.

Faire l’inventaire de la diversité culturelle sénégalaise est le second axe de la politique culturelle nationale.

Cela passe par le recensement des expressions culturelles, le développement de pôles régionaux, le renforcement des centres culturels dans tout le pays. (2)

Le ministère de la Culture veut aussi répondre au besoin de renforcement de capacités des acteurs culturels en insistant sur les jeunes et les femmes.

Cultures urbaines : initiatives publiques, privées et décentralisées

Les collectivités locales mènent également des actions pouvant être prises en compte dans la politique culturelle car étant destinées aux populations du Sénégal. Dans ce cadre des actions non étatiques, le fonds d’appui aux cultures urbaines méritent d’être cité.

Ce secteur incluant le hip-hop qui a récemment fêté ses 30 ans est l’un des plus dynamiques au Sénégal. La jeunesse des acteurs, leur niveau scolaire élevé explique sans doute cette vitalité des cultures urbaines au Sénégal. Ce fut l’un des thèmes débattus lors de la conférence ACCES tenue en novembre 2017 à Dakar.

Multiples formes artistiques, manque de moyens

Avant 2012, le fonds de développement de l’édition du livre (3) était de 250 millions de Francs CFA (382 000 Euros). En 2017, ce fonds était de 500 millions de Francs CFA. (4)

Cependant, vu l’immensité des besoins et le volume réduit de moyens, des secteurs tels que le cinéma, l’artisanat, le design, la mode, l’architecture sont souvent perçus, à tort selon le ministre de la culture, comme laissés en rade.

En effet, des projets tels que le pôle urbain de Diamnadio incluent les industries culturelles. Objectif : pérenniser un socle d’entrepreneurs culturels locaux.

Conclusion

La politique culturelle sénégalaise se manifeste dans plus d’une vingtaine de domaines allant de la musique à la peinture en passant par la gastronomie.

Certains secteurs connaissent des progrès, c’est le cas des droits d’auteur. D’autres sont en cours de restructuration, c’est le cas de l’édition mais aussi du cinéma.

Références

(1) http://www.lesoleil.sn/2016-03-22-23-17-43/item/48760-mutuelle-de-sante-des-acteurs-culturels-17500-adherents-seront-subventionnes.html
(2) http://homeviewsenegal.com/index.php/2018/01/19/les-grands-chantiers-d-abdou-latif-coulibaly/
(3) http://www.servicepublic.gouv.sn/index.php/demarche_administrative/demarche/1/706
(4) http://www.aps.sn/actualites/culture/litterature/article/ouverture-de-la-16e-fildak-bld-remporte-le-prix-pour-la-promotion-de-l-edition-au-senegal

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