Les femmes Gabonaises dans la musique
By Magali Palmira Wora
28 Juin 2016 - 14:13
Le secteur musical est, sans conteste, un univers majoritairement masculin. Cependant, quelques femmes d’exception ont su trouver leurs marques par leurs efforts et leur persévérance.
La scène musicale au féminin
Dans le secteur de la musique, les femmes sont les plus présentes sur la scène. On les retrouve chanteuses, choristes, et voir danseuses d’artistes chanteurs. Les plus mélodieusement envoûtantes sont généralement celles qui exercent dans l’afro-zouk et la variété, elles racontent leurs quotidiens de femmes modernes, jalouses, engagées ou d’histoires d’amour qui finissent mal ou bien. On retrouve avec plaisir dans ce registre Arielle T, Nadège Mbadou, Angèle Assélé, Macy, Audrey…
On peut également compter sur les gardiennes de la musique tradi-moderne, qui mixent toujours harmonieusement dans leurs chansons, langues vernaculaires, sonorités traditionnelles et sonorités modernes. C’est le cas de Patience Dabany, Nicole Amogho, Amandine… Malheureusement, les artistes exerçant dans la musique tradi-moderne disparaissent de la scène musicale, le genre étant de moins en moins affectionné par les jeunes publics.
D’autres s’essaient à un genre moins populaire, sélectif : la world music. Elles expriment tant dans leur musique, que dans leurs apparences, cette recherche d’un art raffiné, éclectique, « world ». La tête de file de ce genre reste Annie Flore Batchiellilys, suivi de près par son poulain Queen Koumb (finaliste Gabon Airtel Trace Music Star), et Naneth.
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Enfin, il y a la génération de musiques urbaines, les rappeuses et chanteuses de r’nb. Elles ont plus le vent en poupe que les précédentes car leur genre musical est plus prisé chez les jeunes. On les retrouve dans tous les concerts populaires, soirées culturelles et dans les night-clubs. Leur impact sur les jeunes filles est indéniable notamment dans le style vestimentaire. Leurs chansons sont partagées sur les réseaux sociaux. Les plus connus sont entre autres : Shan’L, Tina, Vicky, Moon, Euphrate, Leint’s de Gloire, Princess Zalang.
La scène musicale Gabonaise n’a, malheureusement pas des artistes chanteuses et musiciennes à l’image de l’Ivoirienne Manou Gallo ou de la Malienne Rokia Traoré, qui sont à la fois d’excellente bassiste ou guitariste et chanteuse. Annie Flore Batchiellilys s’accompagne elle-même de guitare sèche sur certaines scènes.
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Par ailleurs on peut noter la présence d’une jeune femme dans le milieu très fermé des beatmakers. Il s’agit de Vicky Rousselot qui est également rappeuse sous le nom de « Vicky ». Une beatmakeuse hip-hop est un compositeur de morceaux instrumentaux où les rappeurs ont pris l’habitude de poser leurs textes. On déplore l’absence de femmes DJ dans ce corps de métier.
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Le management et la production musicale
Après les métiers de la scène, il convient de se tourner vers les métiers de l’organisation, de la réalisation ou du développement de carrière d’artiste pour voir la présence des femmes, en commençant par celui du manager. Le manager est le mandataire légal des artistes qu’il représente. Il gère leur carrière, négocie leurs contrats et les conseille dans leurs choix et orientations.
Le rôle du manager est central et crucial dans la carrière d’un artiste, dans la mesure où le manager vit au rythme de l’évolution de la carrière de ce dernier. Plus l’artiste est actif et plus le manager restera à ses côtés pour le bon suivi des activités de ce dernier. C’est cet aspect contraignant de la profession qui fait que le métier enregistre très peu de femmes.
L’icône du management artistique au féminin reste Magali Palmira Wora qui a, à son actif plusieurs artistes dont Movaizhaleine, Naneth (Finaliste du Prix RFI 2005 Kora Awards Meilleurs Artistes Afrique Centrale 2005), ou la chanteuse de gospel Mélina Ondjani.
Elle donne régulièrement des ateliers de formation sur le management artistique afin de mettre à la disposition des opérateurs culturels Gabonais son expérience et les outils didactiques nécessaires à la bonne gestion d’artistes. Elle a ouvert la voie à une jeune génération de managers femmes dans le hip-hop et la danse urbaine illustrée par Denise Maningault (Koba, Kifr’L, Jey-Respect Me…), Fiurella Théodose (Urhican, Unknow Dimension) pour n’en citer que quelques-unes.
En se tournant vers les métiers de la production musicale ou de l’arrangement musical, le constat reste le même. Les femmes restent rares sinon rarissimes. Les labels de production confirmés tel que Direct Prod, Eben Entertainement, Negr’attitude, sont gérés par des hommes.
Les studios d’enregistrement de référence Studio Kage, Afj Productions, Eben Studio sont dirigés par des hommes et ne comportent en leur sein aucune femme. De rarissime femme mécène, tel que la femme d’affaire Sandrine Itou-Y-Maganga, ont apporté un soutien aux activités culturelles et à certains artistes tels que le chanteur de variété Arnold Djoud ou le rappeur NGT.
Parmi les nouveaux outils de promotion musicaux, les blogs ont une place grandissante et non négligeable, à l’image du célèbre blog de la Nigériane Linda Ikeji, ou de la Camerounaise Gaelle Tjat. Les jeunes femmes Gabonaises sont encore absentes de cette forme d’expression sur les réseaux sociaux.
Il convient de faire un clin d’œil d’encouragement au projet documentaire de la chercheuse Franco-Gabonaise Alice Atenarius-Owanga dédié à l’une des icônes de la musique Gabonaise des années 1980 du nom d’Aziz Inanga, qui se distinguait par son indépendance politique et sa voix électrique.
Les difficultés rencontrées dans le secteur musical
Nous constatons que les femmes sont grandement absentes des maillons essentiels de l’industrie musicale gabonaise. L’une des plus grandes difficultés est que la femme est reléguée au rang d’exécutante et non à celui de la prise des décisions. Alors que, en tant que manager culturel, les maitres mots sont objectivité, pragmatisme, et action. Les femmes, majoritairement, de par leur nature intrinsèque, sont plus caractérisées par leur subjectivité, parfois leur passivité au moment de l’action, ou leur manque d’adaptation à des environnements constamment en mouvement.
A cela, nous devons ajouter le contexte sexuel. Autrement dit certaines facilités ne sont accordées à certaines femmes dans le secteur musical qu’à condition d’accepter des liaisons amoureuses clairement proposées ou sous-entendues.
Enfin, il est difficile pour certaines femmes d’allier vie de foyer et les contraintes artistiques que peuvent être des enregistrements studios longs et tardifs ou des tournées de plusieurs jours, à moins d’avoir un entourage compréhensif.
En conclusion, au regard de ce qui précède, il n’y a aucun doute que les femmes Gabonaises sont présentes sur la scène musicale, cependant, elles restent encore minoritaires dans les autres métiers de l’industrie en comparaison à la présence plus massive des hommes. Mais, il est certain également qu’une nouvelle génération, plus hardie, plus engagée dans les arts urbains est en train d’émerger.
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