Politique culturelle au Tchad
By Maxime Houlona Damsou
26 Sep 2016 - 10:14
Le Tchad possède bien une politique culturelle dont les plans d’actions ont été définis dans un document et approuvés par un décret présidentiel. Cet article a pour vocation de vous présenter un aperçu sur la politique culturelle au Tchad et les difficultés rencontrées dans sa mise en œuvre.
Politique culturelle
L’UNESCO définit la culture comme « l’ensemble des traits distinctifs spirituels, matériels et affectifs qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe alors tous les arts, les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances ».
Au regard de cette définition, le Tchad a mis en place une politique culturelle, approuvée par le décret N°408/PR/PM/MC/2012 et inscrite dans le document cadre de la politique du développement culturel et artistique.
Le document cadre du développement est un outil d’orientation et de politique sur les arts et la culture.
Il définit les principaux axes stratégiques de la politique culturelle au Tchad tels la promotion de la création littéraire et artistique, la coordination et la diffusion de la production artistique et culturelle, la gestion des musées, la production cinématographique, les échanges internationaux sur les programmes culturels, le contrôle de qualité des productions artistiques et culturelles.
Le décret N°89/PR/PM/2011 du 31 août 2011 précise dans son article 42, que le ministère de la culture a dans ses attributions : la conception, la coordination, la mise en œuvre et le suivi de la politique du gouvernement sur la Culture et les Arts. Le ministère de la culture est donc le gendarme de la politique culturelle au Tchad et doit veiller à sa mise en application par tous les acteurs culturels tels les musiciens, écrivains, peintres, sculpteurs, cinéastes, les entrepreneurs, etc.
Contraintes
Cependant, on observe plusieurs contraintes qui empêchent la mise en application de la politique culturelle au Tchad. Le manque d’expertise et des moyens financiers sont un frein à la création des industries culturelles telle que définie dans le document cadre sur la politique culturelle.
Si beaucoup d’entreprises ont été créés (télévision, radio, maisons d’édition, etc.), les entrepreneurs n’ont pas toujours les compétences nécessaires pour gérer leurs entreprises. Les financements sont difficiles à trouver. Les banques ne prêtent pas aux petites entreprises, car elles estiment que ces dernières n’offrent pas assez de garanties.
On note aussi les difficultés techniques pour faire l’inventaire des sites touristiques, des musées et des monuments existants. Dans ces conditions, il est également difficile de négocier le rapatriement des biens culturels détenus par certains États et collectionneurs privés.
Les difficultés d’archivage des documents s’ajoutent à la liste. Aujourd’hui, les nouvelles technologies permettent l’archivage et le stockage de documents dans des serveurs informatiques.
La professionnalisation des métiers artistiques est un autre volet important. On note l’absence des programmes de formation destinés aux musiciens, aux peintres, aux dessinateurs, aux cinéastes, etc.
Que dire de la promotion du livre ? L’absence des maisons d’édition et d’un réseau fiable de distribution de livres, l’inexistence d’un fonds pouvant financer les auteurs et l’insuffisance des Centres de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC).
Le cinéma n’est pas épargné. Les salles de cinéma et un fonds d’aide à la production cinématographique locale font défaut.
D’autre part, les activités culturelles sont laissées aux mains des institutions étrangères comme l’Institut Français, aux organisations locales telles le Centre Don Bosco et le Centre Culturel Al-Mouna.
Les autorités tchadiennes apportent peu de soutien (matériel et financier) aux activités culturelles organisées au pays.
Concernant la protection des œuvres intellectuelles. Celle-ci, inscrite dans le document cadre de la politique du développement culturel et artistique, encourage le Bureau Tchadien des Droits d’Auteurs (BUDRA) à assurer la protection des œuvres artistiques, la collecte et la redistribution des redevances.
Les artistes accusent souvent les sociétés de gestion collective de retarder le versement de leurs redevances. Le BUDRA est tenu d’informer les artistes sur ce sujet. Des campagnes de vulgarisation sur les droits d’auteur permettraient d’aborder cette question.
Recommandation
Il est important que l’État tchadien mettent à la disposition du ministère de la culture, des moyens conséquents, pour la mise en œuvre de la politique culturelle, qui à mon sens, contribueront au développement du secteur culturel du Tchad.
Source :
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